Lors d’une conférence de presse, mercredi 18 juillet, le gouvernement fédéral a présenté ce qui reste de sa stratégie de relance. Le gouvernement a en effet renvoyé les discussions les plus difficiles à la concertation qui aura lieu à l’automne entre partenaires sociaux : la réduction du coût salarial, les propositions en matière de flexibilisation préconisées par les employeurs, l’affectation plus ciblée des réductions groupes-cibles, les améliorations pour les travailleurs à temps partiel, …
Notons que la question de l’index n’est pas reprise dans cet ensemble. « Pas de remise en cause du système automatique d’indexation des salaires et des allocations », ces mots figurent littéralement dans le courrier que le gouvernement fédéral a envoyé hier au Groupe des 10. C’en est donc fini de la discussion sur l’index. Dommage pour certains des protagonistes qui en ont fait leur cheval de bataille!
Il ne reste de la stratégie qu’un amalgame d’idées distinctes, quarante au total. Pour la majorité de ces idées, nous devons encore nous contenter d’un vague « résumé des décisions » (http://2000.oceanic.belgium.be/files/CMR/2012/07/Strategierelance.pdf). Il s’avère d’ailleurs incomplet. Ainsi, M. Van Quickenborne et l’UNIZO chantent sur tous les toits que le travail des étudiants va à nouveau être assoupli, ce dont on ne trouve pas la moindre trace dans ce résumé.
Le gouvernement a parlé hier d’un « dialogue ouvert » avec les partenaires sociaux. Il ne peut toutefois pas s’agir d’un dialogue avec les syndicats puisque, pour la majorité des mesures, nous en sommes toujours réduits à deviner les intentions concrètes.
Même si nos informations restent incomplètes, certaines mesures semblent positives à première vue :
- l’augmentation du salaire net des travailleurs à bas revenus, en particulier par le renforcement du bonus emploi, comme la CSC l’a proposé antérieurement;
- une attention spécifique pour le chômage des jeunes, même si les mesures ne ciblent pas suffisamment les jeunes sans qualification de départ et même si de nombreuses questions subsistent quant au statut précis et à la qualité des 10.000 stages ;
- l’incitant supplémentaire en faveur de l’engagement de personnes en situation de handicap;
- l’introduction de clauses sociales et de développement durable dans les marchés publics ;
- et bien sûr les mesures supplémentaires visant à faire pression sur les prix de l’énergie et des télécommunications et à améliorer le contrôle des prix et du fonctionnement du marché.
D’autres éléments soulèvent plus de questions :
- les mesures visant à réduire le travail noir dans l’horeca ne sont pas vraiment crédibles. La réduction de TVA mise en place précédemment n’a pas eu d’effets de retour. Et la taxe forfaitaire de 33% pour les travailleurs occasionnels est totalement contraire au principe d’une fiscalité redistributrice ;
- l’efficacité de nombreux autres cadeaux octroyés aux employeurs nous laisse dubitatifs : le renforcement des réductions de cotisations pour les trois premières embauches, toutes les mesures visant à « faciliter la vie » des PME, le renforcement des subsides fiscaux pour les travailleurs de la connaissance. Le gouvernement lui-même semble en être conscient puisqu’il insiste fortement sur l’évaluation de l’efficacité de ces mesures. Cette évaluation, qu’il aurait mieux valu réaliser au préalable, devrait en tout cas se faire avec les partenaires sociaux. Nous demandons que la mise en œuvre de ces mesures fasse l’objet d’une concertation correcte afin de veiller à ce qu’elles soient opérationnelles et efficaces.
Nous comprenons parfaitement que le gouvernement fédéral veuille respecter les normes budgétaires. Ce n’est pas au niveau belge mais bien au niveau européen qu’il faut s’attaquer à ces normes. La discipline budgétaire ne doit toutefois pas empêcher le gouvernement de se montrer ambitieux. Une affectation plus efficace et juste des recettes et des dépenses fiscales et parafiscales offre de nombreuses possibilités. Le gouvernement n’en parle pas aujourd’hui. Il nous reviendra donc d’en parler à l’automne.

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