lundi 9 juillet 2012

Après la découverte du boson de Higgs, voici un modèle fondamental pour l’allongement de la carrière professionnelle

Les travailleurs doivent rester actifs plus longtemps. Pensez-vous que pour atteindre cet objectif, il suffit de retarder l’âge de la pension ou de la prépension ? Au lieu d’avoir plus de travailleurs âgés, vous risquez peut-être de n’avoir que plus de chômeurs ordinaires ou plus d’invalides, voire plus d’inactifs sans allocations. Mais alors, que faire ? Un exercice basé sur les données de l’Institut syndical européen indique la marche à suivre...
Nous présentons ci-dessous un graphique qui établit le lien entre le nombre de travailleurs âgés actifs sur le marché du travail (axe vertical) et la qualité des emplois (axe horizontal), pour différents pays européens. L’indicateur général de la qualité des emplois tient compte du salaire, du type de contrat, de l’équilibre entre vie privée et vie familiale, des conditions de travail et de la sécurité d’emploi, des possibilités de formation et de carrière ainsi que des possibilités de participation des gens sur leur lieu de travail.* Pour le taux d’activité des travailleurs âgés, nous prenons le public défini par l’Union européenne (55-64 ans).
Que nous apprend ce graphique ? La ligne de tendance est très claire : les travailleurs âgés sont plus nombreux à rester actifs sur le marché du travail dans les pays où la qualité des emplois est (plus) élevée. S’agit-il d’un lien parfait ? Non. Prenons par exemple la Belgique (BE) et la Suède (SE), dont les emplois sont de qualité comparable mais qui présentent de gros écarts en termes de taux d’activité des travailleurs âgés. Il y a donc certainement d’autres explications.
Croyez-le ou non, ce graphique n’est basé sur aucun modèle statistique sophistiqué. Cela, nous le savond aussi. Mais il peut servir de révélation. Il rappelle une fois de plus que l’allongement de la carrière n’est pas seulement une question de coûts salariaux, de possibilités de sortie du monde du travail ; c’est aussi une question de politique de carrière équilibrée, avec une attention accrue pour l’apprentissage tout au long de la vie et embrassant tous les aspects de celle-ci. Une question d’emplois qui s’accompagnent de processus d’apprentissage ; de politique du personnel qui tienne compte de l’âge et du parcours d’un individu, qui conserve un équilibre entre qualité des emplois et taux d’activité, de manière à conserver l’envie de travailler. Tous ces éléments doivent donc vraiment être pris en compte dans le débat sur l’allongement de la carrière professionnelle. C’est à cette condition seulement que nous pourrons réellement atteindre notre objectif de garder un plus grand nombre de travailleurs actifs plus longtemps. La CSC continue de défendre ce message.
Stijn Gryp
Conseiller service d’étude CSC
* Basé sur Leschke & Watt (2008). Job quality in Europe. Brussels: ETUI-REHS. Merci également au Hoger Instituut voor de Arbeid.
Qualité des emplois - taux d’activité 55-64

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