mardi 7 août 2012

Migration économique ou situation des gens qui émigrent pour trouver du travail.


Le terme migration économique recouvre de nombreux aspects, mais dans les faits ce type de migration concerne généralement des personnes issues des quatre coins du monde qui recherchent un emploi dans un autre pays et le trouvent dans les limites de l’un ou l’autre cadre légal.
La structure de l’Etat belge est très complexe, la compétence  liée à la délivrance des ‘cartes de travail’ étant confiée aux régions. Avec la récente réforme de l’Etat, les régions seront également compétentes pour définir la réglementation relative à certaines de ces cartes de travail (A et B).
La situation en sera d’autant plus complexe. En outre, une carte de travail est liée à un permis de séjour qui est délivré au niveau fédéral et, sur ce plan, la situation est inchangée.


A cela s’ajoute le fait que nous nous voyons imposés plusieurs nouvelles directives européennes au sein de l’UE, certaines étant définitives comme le “Single Permit”. Cette directive contraint les Etats membres à délivrer aux migrants de pays tiers (donc y compris les migrants économiques) un document unique qui atteste à la fois leur statut de séjour et leur droit d’effectuer un travail dans cet Etat membre. Cette directive devra être transposée prochainement. Le migrant doit donc pouvoir s’adresser à un guichet unique qui examine et atteste à la fois son  statut de séjour et son droit d’accéder au marché de l’emploi. Si l’on applique ce principe à la situation belge où ces deux éléments sont régis à différentes niveaux politiques, il faudra se montrer créatif  pour pourvoir mettre en œuvre correctement et sérieusement cette directive.
Mais ce n’est pas la seule nouveauté dans le paysage européen. Pour les habitants de pays tiers   donc pas les Etats membres de l’UE et les pays assimilés – on instaurera une autre directive qui régira les droits minimums des travailleurs saisonniers et une directive pour les travailleurs transférés vers un groupe international. Cette dernière s’applique plus particulièrement aux fonctions de management et aux professions spécialisées.
N’oublions pas qu’il existe également une importante “migration économique” lié au droit à la libre circulation des travailleurs, en vigueur au sein de l’UE, certes avec des limitations pour les ressortissants roumains et bulgares jusqu’ à la fin de la période transitoire.
Il existe en outre une sorte de service intracommunautaire dans le cadre duquel le prestataire de services (par exemple, un entrepreneur) fournit ses services à un autre Etat membre de l’UE et détache son propre personnel à cet effet. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une migration économique, mais pour le citoyen cela ne change rien dans les faits. Et enfin, il y a les cas les plus flagrants d’occupation illégale et d’exploitation de citoyens extérieurs à l’UE, sans documents de séjour valide.
C’est un véritable écheveau qui prête à confusion sur le terrain. On ne peut pourtant se défaire de l’idée qu’une meilleure organisation de la “migration économique légale” permettra probablement de réduire la fraude et les recours à diverses formes d’exploitation radicale de la main d’œuvre illégale, sous le faux prétexte d’une soi-disant mise à disposition. Aussi longtemps que nous voyons l’arbre qui cache la forêt, il y a de l’espoir. Ne perdons certainement pas de vue deux objectifs essentiels : l’importance de la protection de ces travailleurs étrangers et l’assainissement de notre propre marché de l’emploi. Cet assainissement passe par l’éradication de la concurrence illégale liées à diverses pratiques malhonnêtes compromettant les conditions salariales et de travail de l’ensemble des travailleurs sur notre marché de l’emploi. Voilà un exercice d’équilibre complexe. 

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