Mais l’indexation est constamment attaquée. Elle rendrait les produits belges plus chers que ceux des pays voisins et serait donc à l’origine de problèmes de compétitivité …
La CSC est d’accord pour préserver la compétitivité des produits belges. Pour preuve, elle participe tous les deux ans à la négociation salariale qui fixe certes une limite minimale à l’évolution des salaires, l’indexation des salaires, mais aussi une limite maximale, sur base de l’évolution des salaires dans les pays voisins avec qui la Belgique commerce le plus, précisément pour éviter que les produits belges ne deviennent plus chers que ceux des voisins.
Mais la CSC rappelle aussi quelques principes simples. Tout d’abord, les prix augmentent dans tous les pays, entraînant partout une adaptation des salaires. Pour préserver la compétitivité des produits belges, ce qui est important, ce n’est pas que les salaires soient indexés ou gelés, comme le prétendent le patronat, la banque nationale et l’Union européenne, c’est que les prix évoluent partout au même rythme. Or, en Belgique, les prix augmentent plus vite qu’ailleurs ; c’est là que réside le problème.
La CSC soutient donc toutes les initiatives prises par les pouvoirs publics pour limiter les hausses de prix, comme le blocage de certains prix de l’énergie, mais aussi la directive européenne consacrée au commerce des « services ». A l’origine, cette directive était dangereuse : elle risquait de libéraliser le secteur social et de permettre aux employeurs de rémunérer des travailleurs étrangers aux salaires des pays d’origine, inférieurs aux minima belges. Mais aujourd’hui, la directive services ne contient plus ces principes. Son objectif est d’augmenter la concurrence entre les entreprises qui fournissent des services marchands. Et c’est très utile pour la Belgique. On constate en effet que les prix de ces services y sont plus élevés qu’ailleurs, et augmentent encore actuellement, alors que tous les autres prix baissent. A quoi cela est-il dû ? Notamment à des problèmes de concurrence entre les entreprises qui fournissent ces services. Ce sont souvent des professions qui sont protégées de la concurrence par toute une série de législations qui empêchent de créer de nouvelles entreprises dans le secteur. Pensez aux auto-écoles, qui détiennent le monopole des cours de conduite : voyez les prix prohibitifs qui y sont pratiqués. Mais c’est le cas aussi de certaines professions libérales, qui fixent des barèmes minimum et qui bénéficient aussi de toute une série de monopoles (plaider devant les tribunaux, réaliser des plans de construction, …). Or, l’Union européenne veut lutter contre ces marchés non concurrentiels, notamment pour permettre une baisse des prix. Les représentants de ces professions (UCM, UNIZO), s’opposent vigoureusement à cette législation : ils savent que leurs membres tirent de gros bénéfices de cette absence de concurrence.
Par contre, plus de concurrence et une baisse de prix dans les services, c’est tout bénéfice pour les travailleurs : ce seront autant d’augmentations de prix en moins qui devront être répercutées sur les salaires à travers l’indexation, et donc une « menace » en moins sur la compétitivité des produits belges et des arguments en moins contre l’indexation des salaires. C’est la raison pour laquelle la CSC défend la mise en œuvre de la directive « services » dans sa forme actuelle.
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