mercredi 8 août 2012

Le discussion sur le dossier DESSO, ou comment faire d’une mouche un éléphant !

Il nous faut ramener le dossier DESSO à ses justes proportions. Cette affaire n’est rien d’autre qu’un dossier de restructuration parmi des milliers d’autres, dans le cadre duquel une bonne concertation sociale a permis la négociation d’un bon plan social, qui donne une place centrale à l’emploi. Le grand bruit que fait cette affaire dans les médias s’explique probablement  par le calme qui règne traditionnellement pendant cette trêve estivale et par le peu de médailles engrangées jusqu’ici par nos athlètes belges.

Ce dossier n’est rien d’autre que la conséquence de la vente du département gazon artificiel de DESSO à son concurrent DOMO. L’exploitation de cette activité serait apparemment déficitaire pour DESSO, mais pas pour DOMO.

Ce que les détracteurs oublient dans ce dossier, c’est le fait qu’au départ c’est l’employeur DESSO qui voulait licencier 79 ouvriers. Et que c’est grâce aux syndicats qu’après la concertation sociale, aucun de ces travailleurs ne perdrait son emploi. Comme ACV-CSC METEA, nous entamons toute négociation sur un dossier de restructuration avec un même objectif : sauver un maximum d’emplois.  

Ce que les détracteurs oublient aussi, c’est le fait qu’il n’a jamais été question ici d’indemnités de licenciement mirobolantes, mais bien uniquement de primes de mutation et de compensations pour des pertes de salaires; C’est l’employeur DESSO qui décide aujourd’hui de doubler la prime de mutation de 6.000 euros à 12.000 euros. Ce ne sont pas les syndicats. L’objectif  de DESSO n’est certainement pas de récompenser des travailleurs pour des années de travail loyal, mais plutôt de faire réussir la vente du département gazon artificiel afin d’augmenter ses bénéfices. 

Ce que les détracteurs oublient aussi, c’est que nous vivons dans un pays démocratique où chaque travailleuse ou travailleur individuel a le droit d’approuver ou de rejeter un plan social négocié par les syndicats. Peut-être préféreraient-ils un système où les gens sur le terrain doivent avaler ce que leur imposent ces messieurs depuis leur tour d’ivoire. Heureusement, nos travailleuses et nos travailleurs sont aujourd’hui capables de s’exprimer, ce qui d’ailleurs à la base de notre richesse économique. Les détracteurs oublient que ceux qui rejettent le plan ont peut-être de bonnes raisons de le faire et ne veulent pas simplement ‘profiter de notre système social’. Le porte-parole de l’organisation patronale Fedustria, qui ne manque aucune occasion de rappeler au grand public que le secteur textile est en très mauvaise posture et qu’il n’a pratiquement pas d’avenir en Belgique, ne doit peut-être s’en prendre qu’à lui-même ? Peut-on alors reprocher aux travailleurs de préférer envisager leur avenir et celui de leur famille dans un autre secteur, où les employeurs ont encore confiance en l’avenir ? 

Ce que les détracteurs oublient, c’est que même si le plan social a été rejeté par une courte majorité, nous, comme syndicats, continuons à défendre ce plan social qui est basé sur le maintien de l’emploi et que nous n’entamons pas de concertation sur des primes de licenciement. Il semble bien que l’on utilise ce dossier pour faire un amalgame de toutes les frustrations autour des indemnités de licenciement, des pensions anticipées, des parachutes dorés et autres, et pour balancer le tout dans les médias. Même la législation sur les licenciements est remise en cause. Quel bel exemple d’une discussion totalement à côté de la question !

Nous espérons qu’il en sera bien vite fini de ce débat stérile, pour que  nos négociateurs régionaux puissent faire leur travail en toute quiétude et que nos équipes de hockey puissent décrocher  une médaille d’or aux jeux olympiques de Rio en 2016 … sur un tapis synthétique belge de DOMO, fabriqué par des travailleurs de DESSO !
  
Jan Callaert, Secrétaire général ACV-CSC Metea

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